1894
La loi dite « Siegfried » du 30 novembre, qui incite à la construction d’Habitations à bon marché (HBM), répond à une urgence de santé publique pour les ouvriers qui affluent dans les villes. Depuis, le logement social en France ne cesse de répondre à une urgence et, avec le droit au logement, il devient une nouvelle conquête sociale.
1912
Sous la pression populaire, la loi du 23 décembre institue les offices publics communaux et départementaux d’HBM.
1914
À la veille de la Première guerre mondiale, le parc des HBM atteint près de 40 000 logements. Et il fallut de nombreuses réformes, des lois successives et beaucoup de persévérance pour atteindre les 5,5 millions de logements locatifs sociaux que compte aujourd’hui la France.
1928
La loi du 13 juillet prévoit la construction de 260 000 logements à bon marché sur cinq ans, en locatif comme en accession, dont 60 000 à loyer moyen. L’État devient urbaniste avec les cités-jardins ou les premiers « gratte-ciels » à Suresnes, Nanterre, Drancy ou Villeurbanne dans les années 1930. Mais en 1932, la crise mondiale frappe la France.
1939
Seuls 300 000 logements auront été produits depuis 1894 : à peine 2 % de la population en a bénéficié.
1945
La Seconde guerre mondiale laisse une France en ruines : 45 % des logements sont surpeuplés et 10 % de la population vit dans l’insalubrité la plus totale. L’exode rural, le baby-boom et le rapatriement de nombreux Français d’Indochine, du Maroc, de Tunisie et d’Algérie aggravent la crise du logement. En 1945, l’État construit 100 000 habitations provisoires et crée un droit de réquisition au bénéfice des sans-abri.
1948
La loi du 1er septembre crée l’allocation logement et institue le droit au maintien dans les lieux pour les locataires.
1950
les HBM deviennent les HLM (Habitation à loyer modéré).
1953
La construction de 240 000 logements par an pendant cinq ans est décidée, financée notamment par la contribution des entreprises (1 % patronal)
1954
La crise du logement en hiver 54 provoque un immense élan d’entraide. Plus de 12 000 logements d’urgence sont édifiés partout en France. À la fin des années 1950, la reconstruction laisse place à une construction massive. Les zones à urbaniser en priorité (ZUP) se multiplient : en quinze ans, 220 ZUP offrent 2,2 millions de logements.
1968
Sous la présidence de Charles de GAULLE, un profond bouleversement se produit, le pouvoir d’achat progresse, l’accession explose et 75 % des français aspirent à la maison individuelle. Olivier GUICHARD, ministre du Logement, parle de « droit à la ville » et propose de lutter contre toute ségrégation sociale.
1973
La production de logements sociaux atteint un record de 556 000 logements, mais le premier choc pétrolier révèle encore 16 millions de mal-logés.
1977
Sous la présidence de Valéry GISCARD D’ESTAING, une réforme majeure, impulsée par Raymond BARRE, instaure l’Aide personnalisée au logement (APL) et le prêt locatif aidé (PLA). Cette même année, la procédure Habitat et Vie sociale initie la Politique de la Ville pour lutter contre le vieillissement des « barres ».
1983
Sous la présidence de François MITTERRAND, le logement des personnes défavorisées devient un des axes centraux des politiques publiques.
1982
La loi dite « Quilliot » définit le « droit fondamental à l’habitat » et donne une représentation officielle aux locataires dans les conseils d’administration des bailleurs sociaux en instaurant des élections des représentants de locataires.
1986
Grande avancée pour les locataires, la loi du 23 décembre dite loi « Méhaignerie » définit les relations entre bailleurs et locataires.
1989
La loi du 6 juillet dite loi « Mermaz » vient compléter la loi du 23 décembre 1986.
1990
l’État oblige les villes de plus de 200 000 habitants à disposer de 20 % de logements sociaux pour garantir la mixité.
2000
Sous la présidence de Jacques CHIRAC, la loi dite Solidarité et renouvellement urbain (SRU) intègre les logements sociaux dans des copropriétés, dans lesquelles l’intérêt du propriétaire prime souvent sur celui du locataire.
2003
Le ministre Jean-Louis BORLOO définit les modalités d’intervention dans les zones urbaines sensibles (ZUS) et crée l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU).
2007
Sous la présidence de Nicolas SARKOZY, le Droit au logement opposable (DALO) est adopté et offre ainsi aux mal-logés d’être entendus par l’État sur leur situation.
2014
Sous la présidence de François HOLLANDE, une loi dite d’accès au logement et un urbanisme rénové (ALUR) est mise en place.
2017
Sous la présidence d’Emmanuel MACRON, les bailleurs sociaux se voient contraints de pallier à la baisse des aides personnelles au logement (APL), réduisant ainsi le budget pour la rénovation des logements.